​Il a été prouvé que lorsque les chiots sont élevés dans un environnement riche en stimuli, ils ont
– un cerveau de taille plus importante
– des neurones et des connexions neuronales en plus grande quantité
– une meilleure survie à long terme de leurs neurones

Ce qui induit les avantages intellectuels et émotionnels suivants :
– amélioration de la capacité à apprendre et à se souvenir
– meilleures stabilité émotionnelle et capacité d’adaptation
– plus grande gestion du stress

Nous avons donc mis en oeuvre un programme d’éveil grâce à :
– des massages avant naissance
– une stimulation neurologique et olfactive de 3 jours à 16 jours
– une pré-éducation que nous mettons en place à partir de 3 semaines et ce jusqu’au départ vers 9 semaines.

 LES 3 PREMIÈRES SEMAINES DE VIE  ET LES 2 TYPES DE STIMULATION : NEUROLOGIQUE ET OLFACTIVE

​Les 3 premières semaines de vie comprennent 2 périodes :


La période néonatale qui s’étend de 0 à 15 jours


Le chiot né immature, c’est-à-dire qu’il est totalement dépendant de sa mère car il naît sourd, aveugle et incapable de réguler sa température. Il passe donc :
– 90% du temps à dormir et rêver. Pendant leurs rêves les chiots bougent beaucoup, cela a en fait un but fonctionnel en aidant à construire les muscles et à former des connexions neuronales qui permettront aux chiots de développer une coordination motrice.
– 10% du temps à téter et à éliminer ses déjections grâce à sa mère par léchage (réflexe périnéal).

Nos chiots sont pesés deux fois par jour entre la naissance et 15 jours ceci afin de vérifier leur croissance et prendre la décision d’aider la mère si besoin par un apport complémentaire de lait maternisé. Ensuite, ils sont pesés à tous les deux jours jusqu’à leur départ.
Nous avons installé une caméra afin de pouvoir surveiller la mise bas mais aussi les chiots après la naissance.

La période de transition qui s’étend de 15 à 21 jours


Elle démarre avec l’ouverture des yeux vers 15 jours et se termine avec l’apparition de l’audition vers 21 jours. De façon parallèle, le chiot commence à développer d’autres capacités motrices, ce qui va lui permettre de se déplacer autrement que par reptation.
A la fin de cette période, il sera capable de se tenir debout.
Le développement de la vision et de l’audition, bien qu’encore incomplet, va permettre au chiot de pouvoir explorer son milieu, d’anticiper de mieux en mieux et de tester de nouveaux modes de communication, notamment grâce aux jeux (luttes entre frères et sœurs, prises en gueule, contacts avec les objets). 
Les vocalises vont également évoluer et les grognements feront leur apparition.
La mise en place de la vision permettra au chiot de découvrir son milieu à distance, d’anticiper et d’accéder à de nouveaux modes de communication.

De plus, pendant cette période (0-3 semaines), l’attachement bilatéral, c’est à dire mère-chiot et chiot-mère se met en place et marque l’entrée dans la période de socialisation.

Ses conséquences sur la vie future du chiot sont :
– L’imprégnation : le chiot ne naît pas en sachant à quel espèce il appartient, il va l’apprendre. C’est pourquoi il est extrêmement important que le chiot ait une mère attentionnée et puisse évoluer avec d’autres races de chiens. Si le chiot n’a aucun contact avec les individus de son espèce, il s’identifie à l’espèce la plus proche et pourra alors présenter des comportement inadaptés face à d’autres chiens. Cette imprégnation n’empêche pas l’attachement à d’autres espèces.
– L’apaisement : l’attachement permet d’augmenter le comportement explorateur du chiot. Les chiots qui explorent le mieux et le plus loin sont ceux qui montrent un attachement le plus serein. 
– L’apprentissage de la socialité : Le chiot a une grande capacité d’apprentissage par imitation, c’est ainsi qu’il va observer puis reproduire les rituels de communication qui existent entre chiens. L’absence d’attachement ou un attachement de mauvaise qualité va empêcher ou amoindrir l’acquisition de ces rituels sociaux permettant la communication.​

 LA SOCIALISATION / FAMILIARISATION ACQUISITION A PARTIR DE 3 SEMAINES

Cette période commence à partir de 3 semaines jusqu’aux environs de 12 semaines, une majeure partie des apprentissages se fait à l’élevage, et l’autre chez le nouveau propriétaire. Le rôle de l’éleveur est donc fondamental pendant cette période et tout le travail d’éveil du chiot qui ne sera pas fait à l’élevage ne sera jamais rattrapable.

Pendant cette période complexe, le chiot va :
– acquérir des comportements spécifiques à son espèce (afin de pouvoir mettre en place des relations avec les membres d’un groupe)
– rencontrer des espèces avec lesquelles il va pouvoir avoir des relations sociales
– apprendre à se contrôler, communiquer et gérer ses émotions

La majorité des apprentissages et des acquisitions fondamentales se font durant cette période, néanmoins il convient de procéder avec prudence lorsque l’on stimule un chiot et qu’on lui fait vivre des expériences.

  •  la socialisation(intraspécifique) : La socialisation correspond à l’apprentissage et au développement des modalités de relation entre les individus d’un groupe. La socialisation intraspécifique concerne donc les relations entre individus appartenant à une même espèce. Elle commence par le processus d’identification à l’espèce canine, effectivement le chiot ignore qu’il est un chien, il va rapidement l’apprendre au contact de sa mère, sa fratrie et l’ensemble des chiens qu’il verra avant ses 12 semaines. La socialisation se poursuit avec l’apprentissage des modes de communication et des règles de vie sociales propres au chien. ​D’après Miklosi (2008), la socialisation est un processus épigénétique (c’est-à-dire que l’expression des facteurs génétiques est modulée par des facteurs environnementaux)​
  • la familiarisation (ou sociabilisation interspécifique) : Le terme de sociabilisation interspécifique implique l’existence d’un comportement d’ordre social ou relationnel, ce qui n’est pas possible avec des espèces territoriales comme l’espèce féline, par exemple. ​C’est pourquoi, on lui préfère le terme de familiarisation, qui correspond à une habituation interspécifique ou au fait d’avoir un comportement familier. Le chiot doit pouvoir se familiariser à d’autres espèces (chat, rongeurs, poules, chèvres, moutons, chevaux, etc…) et notamment à l’homme bien sûr.  
  • Homéostasie sensorielle : La notion d’homéostasie sensorielle se réfère à l’état d’équilibre émotionnel entre l’organisme du chiot et son environnement. En cas de perturbation dans l’environnement (bruits d’intensité importante, nouveau foyer, etc…), l’organisme du chiot essaie de réduire les effets de la perturbation pour revenir à l’état d’équilibre. Cet état d’équilibre dépend de tout ce qui aura été mémorisé au cours du développement du chiot. Ces seuils de référence qui permettent l’homéostasie sensorielle s’établissent pendant la période de socialisation, de 3 à 12 semaines environ. Le chiot apprend donc une certaine ​image du monde dans laquelle chaque stimulus, qu’il soit auditif, visuel ou tactile, a une intensité maximale qu’il peut tolérer (d’où l’importance de leur montrer le plus de choses possibles). Après 12 semaines, tout stimulus est évalué par comparaison avec les références que le chiot aura enregistré de 3 à 12 semaines. L’homéostasie sensorielle est conservée tant que les stimuli ne dépassent pas un certain seuil des références du chiot. Au delà de ces seuils, la stabilité émotionnelle est rompue et le chien va retrouver ses émotions primaires de peur en cherchant à fuir. 

La socialisation, la familiarisation et la mise en place des seuils d’homéostasie sensorielle sont donc des éléments du processus de développement par lesquels les chiots jack Russell et Berger Australien se familiarisent avec leur environnement. 
C’est la façon dont ils créent des associations sur ce qui est bon pour eux et par opposition ce qui est mauvais ou stressant.
C’est aussi ce qui permet  la stimulation et donc l’activation des connections synaptiques.

Il ne s’agit donc pas de proposer le plus de choses possibles, en vrac, à un chiot et sans tenir compte de la façon dont il y réagit. Il existe au sein de cette période de socialisation des moments clés à exploiter.


Donner confiance à un chiot face à son environnement

Pour cela, deux choses sont importantes :
– ils doivent être confrontés le plus tôt possible à toutes les choses qu’ils rencontreront dans leur vie (avant 4 mois) 
– la première impression qu’ils en font doit être la plus positive possible.


nous mettons donc tout en œuvre pour que cette socialisation, cette familiarisation et cette acquisition des seuils d’homéostasie sensorielle soient optimaux grâce à un programme complet de 3 à 9 semaines :

Premier point important, nos chiots sont élevés dans la maison, leur environnement composé de leur espace dans notre salon ainsi que leur parc d’éveil (cliquez pour voir en grand, ce sont des panoramas) qui leur fourniront une stimulation visuelle, auditive et tactile. Cela les aidera à être confiants dans leurs réactions aux nouveaux stimuli sensoriels tout au long de leur vie :


A partir de l’âge de 3 semaines…


Nous mettons en place un environnement stimulant grâce au positionnement du parc qui est dans notre salon ouvert sur la cuisine : bruits divers tels que aspirateur, télévision, cuisine, lave-vaisselle, robot ménager, télé, Sonos, etc…

Ils commencent à jouer entre eux et avec leurs jouets : nous mettons à leur disposition des jouets de différentes matières : cartons, plastique, laine etc…, au sol et suspendus, afin d’éveiller leurs sens : qu’ils se familiarisent avec le toucher de ces matières, leur odeur, leu vue. Des jouets différents sont introduits chaque jour.

​Nous utilisons également un CD de sons  conçu pour la socialisation des chiots ainsi qu’un site web : train, coup de fusil,  oiseaux, feu d’artifice, orage, moto, et bien d’autres sons leurs sont diffusé régulièrement afin de pallier aux bruits moins courants. 

A partir de l’âge de 4 semaines…



​Le contact avec d’autres chiens est indispensable car le chiot agit par mimétisme en reproduisant, sans en connaître forcément la signification ou l’importance au départ, les séquences comportementales observées chez l’adulte. C’est l’apprentissage des codes canins dont ils auront besoin à l’âge adulte pour communiquer avec leurs congénères. D’où l’intérêt que les chiots évoluent avec plusieurs autres chiens que leur mère, d’âge, sexe et caractères différents. 

Cet à cet âge la que nous allons commencer l’introduction de la bouillie de croquettes, les chiots vont découvrir autre chose que le lait.


A partir de l’âge de 5 semaines et jusqu’au départ…


Ils sortent très régulièrement (tous les jours si le temps le permet), sous surveillance, dans leurs parcs où ils font les fous :
– se baignent dans leur petite piscine
– se familiarisent aux éléments rencontrés en Agility : tunnel et tunnel chaussette, haies d’obstacles (barre au sol), anneau, slalom…
– passent sur les plateformes tunnel et oscillante, sur la bascule, sur la passerelle oscillante, etc…

Présenter précocement des choses nouvelles aux chiots leur permet :
– de s’habituer facilement à de nouveaux stimuli
– d’apprendre à résoudre des problèmes : monter sur une plateforme, trouver son chemin dans un labyrinthe, contourner une barrière pour trouver la gamelle, etc…
– d’explorer toujours davantage
Et cela perdurera à l’âge adulte.

Pendant cette période, ils rencontrent aussi beaucoup d’humains de physionomie différente, d’âge différent (enfant, personnes de tout âge…). Plus d’une trentaine de personnes les papouillent et jouent avec eux pendant leur vie à l’élevage (nos amis, notre famille mais aussi des personnes étrangères).
Nous nous déguisons également pour que les chiots se familiarisent avec le port de lunettes, de bonnets, de chapeaux, de combinaisons de ski, de casques de moto mais aussi une canne pour marcher, etc…

Nous faisons régulièrement des trajets en voiture le plus tôt possible afin de les habituer aux bruits mais également leur éviter autant que possible d’être malade en auto plus tard, c’est l’occasion de rallier des petites balades en forêt non loin de chez nous afin d’associer la voiture à quelque chose de positif.

​Ils rencontrent également les chiens de nos amis et quand nous pouvons, de race différente de celles qu’ils côtoient à la maison. Ceci afin que le chiot puisse étendre ses connaissances du genre canin au vu des nombreux phénotypes existants.

Ils sont également brossés régulièrement et apprennent à rester calmes.

Nous avons également construit des planches de proprioception (miroir, éponge, bouchons de liège collés les uns à côté des autres, tapis avec picots…), un pont à ressort, une bascule, un pont oscillant afin de leur faire faire quelques exercices.
Mais qu’est ce que c’est la proprioception? 
La proprioception regroupe les récepteurs et l’ensemble des terminaisons nerveuses permettant à un individu de connaître la position et les mouvements de son propre corps sans avoir à les observer visuellement. On peut parler d’un sixième sens interne qui permet d’avoir une pleine conscience de son corps et de la place des articulations, que ça soit en position statique ou dynamique. L’équilibre lui est très lié.
La proprioception permet donc de s’adapter à l’environnement extérieur. D’un point de vue sportif, elle permet notamment de permettre à son corps d’automatiser une réaction à une situation. Elle permet également de mieux apprécier et donc réagir plus vite aux évolutions des paramètres de l’environnement. Il sera alors possible d’avoir de meilleurs réflexes dans des situations diverses.
Plus d’informations sur la proprioception chez le chien.

Nous les emmenons également en ville, dans des marchés ou des brocantes dans les bras ou en poussette canine. Cela a pour objectif de les habituer aux bruits des voitures, des motos,… mais aussi aux sons particuliers de la foule, aux nouvelles odeurs et tout simplement voir et sentir un kaléidoscope de choses nouvelles.
Si les chiots ont envie, ils peuvent aussi être caressés par des enfants, des personnes âgées, etc… ou recevoir une friandise

Nous prenons en compte le fait que chaque chiot est un individu à part entière qui a sa propre perception et représentation de son environnement (notion d’Umwelt).

​Ceci fait que chaque chiot réagit différemment aux exercices proposés et a besoin d’évoluer à son rythme.
​​

​L’ESTIMATION DES TEMPÉRAMENTS ET LA PRE-ÉDUCATION DES CHIOTS ​A PARTIR DE 7/8 SEMAINES :


Tempérament


A partir de 7/8 semaines, nous serons en mesure d’évaluer le tempérament de chaque chiot et déceler ceux qui sont par exemple :
– plus dynamiques
– plus souples de caractère
– plus calmes
– plus câlins
– plus indépendants,
– etc…
Et de fait ceux qui sembleraient plus adaptés à votre projet de vie comme par exemple :
– un chien pour vivre dans une famille avec enfants
– un chien ayant le potentiel pour faire un sport canin spécifique : Frisbee Dog, Agility, Pistage, Cani-Cross, etc…
– un chien ayant du potentiel pour la médiation animale ou l’assistance aux personnes comme de la Recherche Utilitaire,
– etc…

Le tempérament est décelable uniquement à partir de 7/8 semaines de vie et pas avant !


Pré-éducation / initiation


Nous leur demandons des choses simples en tenant compte de leur âge et de leur éveil ​:

– l’apprentissage de la propreté (les chiots sont quasiment propres en arrivant chez vous)
– initiation à la marche en laisse 
– le rappel : le fait que le chiot revienne quand on l’appelle et ce dans n’importe quelle situation.
– apprendre au chiot que mordiller fait mal, il doit acquérir des auto-contrôles. C’est à dire résister ou tempérer une envie très forte.
– accepter toutes les manipulations possibles (dans le respect du chiot) afin de pouvoir notamment être soigné facilement : regarder les oreilles, les coussinets, les yeux, l’intérieur de la bouche, etc…
– ne pas bouger quand on est positionné sur un support en hauteur, comme une table, ce qui facilitera les manipulations chez le vétérinaire

Nous les habituons également à être isolés dans d’autres pièces de la maison ainsi que dans un parc à chiot intérieur, pendant de courtes périodes (une dizaine de minute), des humains, de leur fratrie et de leur mère afin d’éviter l’anxiété de séparation une fois chez vous. .

LE DÉTACHEMENT  DE LA MÈRE  ET DES CHIOTS

Le détachement correspond à la rupture du lien d’attachement qui unit le chiot à sa mère. ​C’est un passage obligatoire et nécessaire pour que le chiot devienne un adulte.

Ce détachement commence à partir de 4/5 semaines, quand l’éruption des dents de lait commence. La mère commence alors à repousser les chiots quand ils veulent téter. Puis ce rejet s’étend aux périodes de jeux et aux marques d’affection jusqu’au lieu de couchage (la mère refuse de dormir avec ses chiots près d’elle). La mère finit par refuser tout contact avec ses chiots s’il n’est pas initié selon les codes sociaux. 

Le Départ


​Le détachement est généralement complet à 8/9 semaines, ce qui correspond au moment du départ des chiots dans leurs familles.​

Un petit tour chez notre vétérinaire préférée afin d’identifier les chiots par puce électronique, les primo-vacciner, établir un certificat de bonne santé et on est fin prêts pour leur envol.

Nous mettons donc l’ensemble de nos compétences et tout notre temps pour élever du mieux possible ces petits bouts de façon à obtenir des chiots équilibrés et bien dans leur pattes 🙂 . 
Ensuite, c’est à vous de continuer tout ce travail chez vous !

​Les chiots peuvent quitter l’élevage à partir de l’âge de 8/9 semaines.